X Trail Corrèze Dordogne 102km

2h du matin, nous ne savons pas trop quel jour on est, vendredi soir, très tard, ou samedi matin très tôt ??
On est bien le samedi 22 Septembre 2018, il est 2h du matin.

Quoi qu’il en soit, de mon côté, j’ai tenté de décaler mes repas du vendredi pour pouvoir me coucher à 19h. Je suis parvenu à dormir 4 bonnes heures au final, ce qui n’est pas si mal. N’empêche, mes parents m’amènent sur le lieu de départ avec les yeux encore tout embués.

Argentat-sur-Dordogne, stade Marcel Celles, ligne de départ, 1h55.

crédit vidéo : Lucas Prz

Les frontales s’allument, les unes après les autres, dans un ballet désordonné annonçant une première partie de course dans une nuit noire et un peu fraîche.
Il est de plus en plus courant d’entendre une musique entraînante au départ d’une course ; la règle est respectée ici avec un choix qui me sied à merveille, une composition d’Hans Zimmer dont je suis totalement fan (Inception, le Dernier Samouraï…). Ici, c’est Gladiator. Effectivement, nous voici tels des gladiateurs, dans l’arène. Un feu d’artifice illumine le ciel, je ferme les yeux sur cette musique qui m’emporte totalement, je suis juste au bon endroit, au bon moment, en train de vivre ma passion.
Décompte, 5, 4, 3, 2, c’est partiiiiiiiii

Monceau-sur-Dordogne, km 29, 3h45 de course

Ce premier tiers de course effectué de nuit n’est pas propice à la découverte des alentours, je pense être en milieu de peloton, quelque peu trop rapide sans doute.
Je ne me suis pas attardé sur le ravitaillement du 15è km mais il y avait quelques trucs à raconter par contre… Notamment que celui-ci était au beau milieu d’une étable, parmi les vaches !
Je repense aussi à cette bénévole qui notait frénétiquement tous les numéros de dossard sur son GSM et qui semblait les envoyer par SMS (?) alors que nous avions des puces à nos baskets. Mais pas de tapis ici, donc j’imagine qu’on l’a fait « à l’ancienne ».
Descente vers le ravitaillement à tombeau ouvert. Je dépasse tous mes prédécesseurs qui doivent bien se demander, à raison, pourquoi je galope comme ça…
Je retrouve mes parents, 45min plus tôt que les estimations, soit à 5h45 environ. Une bonne soupe, et ça repart !
Mes parents ont super bien étudié le road-book fourni par l’organisation et savent toujours me dire dans combien de km est le prochain point d’eau ou ravitaillement, c’est appréciable, je les retrouverai donc 10km plus loin, au moulin de l’Hoste.

Moulin de l’Hoste, km 39, 5h12 de course

Le temps est couvert, ce qui ne favorise pas l’arrivée de la clarté du jour. Dommage, mon père devait m’accompagner jusqu’au prochain point d’eau mais il n’a pas de frontale. Une courte montée, puis une longue descente jusqu’au km 45. Cette fois, j’embarque un gars dans mon sillage, et il suit tellement bien le bougre que je ne me vois pas freiner, nous allons donc vite et doublons un paquet de coureurs. Je lui dis « on fait une bonne descente, hein », ce qu’il confirme aussitôt !
Une dizaine de minutes s’écoulent avant que je ne reparte.

km 45, 5h55 de course.

Derniers 6km à une moyenne de 12km/h, on va devoir se calmer… D’autant que peu de temps avant d’arriver là, je discute avec un gars qui connait le parcours et qui me confie que les 20 derniers km sont difficiles. Elément corroboré à plusieurs reprises par d’autres personnes… Intérieurement, je me dis que j’ai franchement abusé avec les descentes et que les prochaines devront être plus cools si je veux terminer la course.
Je refais les niveaux d’eau, assis sur ma roue de remorque.

km 55, St-Bonnet-les-Tours-du-Merle, 7h50 de course

Ici, c’est le départ du 48km. Peu de chances que je vois un seul des concurrents de cette distance, ils sont partis il y a une heure.. Bien que…
L’église annonce mon départ du ravitaillement en sonnant les 10 coups de cloches réglementaires indiquant, roulement de tambours… qu’il est 10h00. ahah.

Je commence maintenant à m’inquiéter du profil de la course, que je n’ai pas vraiment étudié (mis à part les 4 bosses des 20 derniers km vues le jour précédent, sur le papier). Et j’ai oublié d’embarquer la topo du parcours sur moi. Amateur !

km 61 réel, 62 road-book, 65 à ma montre (!), je ne sais pas. Ca m’agace.

Ma montre semble toujours vouloir me faire faire plus de km que le réel, c’est assez déstabilisant surtout quand on s’attend à arriver à un point bien précis et qu’on t’annonce qu’il reste 2km. grrr
Accueillis par des femmes en costume d’époque, nous voici au milieu de nulle part en « Terre des Carbonnières ». La forteresse domine les environs depuis le 11è siècle. C’est joli.
Les moines un peu plus loin bénissent le Saint Limousi Cola versé dans mon gobelet réutilisable. Limousi Cola, qui, au passage, est délicieux ! Il ravira mon gosier à chaque ravitaillement.

km 69, Les Tours de Merle, 10h15 de course

Une succession de sentiers techniques où s’invitent racines et grosses pierres, le long de la rivière « La Maronne » ne facilitent pas une progression rapide.
Alors que mon GPS semblait m’indiquer depuis quelques heures toujours plus de km, ici, il m’indique 70, c’est presque cohérent. Et du coup, bonne surprise.
J’arrive dans un lieu carrément grandiose, les « Tours de Merles », c’est sincèrement époustouflant, et la bonne idée du jour est de nous faire traverser ce lieu. Magique. Un peu moins magique pour le gars reparti avec les pompiers juste avant ce lieu historique car il avait été piqué par des frelons.
Mon papa m’accompagne jusqu’au point d’eau suivant au km 74. Nous allons longer la rivière, exactement comme nous l’avions fait juste avant d’arriver aux Tours.

km 82, Servières, 12h45 de course

Je sais depuis quelques heures maintenant, qu’une fois ce point atteint, il restera le gros du boulot à effectuer. Cette portion depuis le précédent ravitaillement est assez ennuyeuse. Plus tôt dans la journée, je me languissais de sortir des bois, mais maintenant que j’y suis, ça me barbe de parcourir de longues plaines assez désertiques où la moindre montée est un prétexte tout trouvé pour se remettre à marcher.
Prendre son temps, s’asseoir, se reposer, manger, boire. Le plus dur reste à venir.
J’annonce à mes parents que je ne m’arrêterai pas au point d’eau du km 87, inutile selon moi étant donné que j’aurai l’occasion 3km plus loin de me reposer. Donc rendez-vous au km 92.

km 90, traversée de la Dordogne


Je suis passé tout droit, comme prévu au km 87 et 700m avant la traversée de la Dordogne, je suis rejoint par mon père. Une barque attend les concurrents pour les faire traverser, super fun! J’immortalise ce truc inédit pour un traileur ^^

Une fois la rive rejointe, je me demande si la première des 4 grosses bosses de la fin était la plus dure. Je vais vite être mis au parfum que, non, ce n’était pas la plus difficile. Le roc, il est là, devant moi. C’est la « via ferrata Dordogne » qu’il faut se farcir. Ok, alors là, j’explose en plein vol. Terrible montée, si proche de l’arrivée.

km 92, St-Martial Entraygues, 14h57

J’ai donc mis 40 minutes en gros pour ces 2 derniers km. Epuisé !
Pas de parents au ravitaillement, je les appelle, ils seront à l’arrivée.
Il reste 3 descentes et 2 montées.

Je joue au yoyo avec un gars qui me dépasse allègrement dans les montées alors que je le laisse sur place dans les descentes (facile, il ne court plus !). Je retrouve finalement mon père qui m’accompagnera pour les 5 derniers km (5 km qu’on lui a laissé sous-entendre être en descente…). Finalement, il y a bien 2 bons km de descente, certes, mais pour la fin de parcours, ce sera tout plat jusqu’au bout.

km 102 (ma montre s’est arrêtée 3km avant la fin à 104,5km), 16h38 de course

48è/176 inscrits (133 finishers)
Un classement qui me satisfait même si j’aurais aimé faire – de 15h.. J’en suis loin !
Un grand merci à mes parents pour le suivi toute la journée. J’aurais pu changer 3 fois de t-shirts, de short, de chaussettes, sans tout me trimbaler, c’est un réel plus.

Bravo à l’organisation et aux bénévoles. Top !
Je pense depuis quelques heures à la piscine qui nous attend dans notre résidence, on ne s’attarde donc pas à l’arrivée.

5 réponses à “X Trail Corrèze Dordogne 102km”

  1. Encore un très grand BRAVO fiston ; nous étions très heureux d’avoir pu t’assister et vivre « en direct » toute ta course. Bon repos et récupère bien pour d’autres nouvelles aventures……Bisous

  2. magnifique récit et immense plaisir pour l’organisateur de voir son « enfant » ainsi décrit et parcouru de l’intérieur… Merci !

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