CCC 2011

CCC 2011, ou comment rallier une ligne d’arrivée 6h après être arrivé dans la ville… Si vous voulez vous éviter une lecture longue et barbante, mais que vous êtes intrigués par cette anecdote, allez lire directement le dernier paragraphe Chamonix-Chamonix

26 Août 2011-1900 partants > 27 Août 2011-1591 finishers

Une année que je pense à cette course de 98kms sur une partie du Tour du Mont-Blanc. Nous y voilà alors que cette année 2011, déjà riche en événements, n’a pas pu permettre de préparer cette course dans les meilleures conditions qui soient ;

Seuls 2 trails au compteur cette année, et 2 courtes distances qui plus est : Le Trail des Jonquilles et le Trail du Val d’Heure
Bref, pas optimale comme prépa !

Avant le départ

Après avoir déambulé quelques minutes dans les rues de Courmayeur, Béné m’interpelle ; Je m’attable avec elle et ses 2 acolytes puis nous approchons tranquillement des sas de départ. Sas créés suite à un éboulement intervenu plus tôt dans l’année sur une portion large située après le départ, et qui a contraint les organisateurs à emprunter un sentier étroit à la place.
J’avais estimé faire la course en – de 20h. Je suis donc dans le second sas de départ tandis que Béné part dans le 3ème et dernier sas.
Nous attendons patiemment, assis par terre, sous un magnifique soleil.
Les techniques de concentration sont variées : les incontournables blagueurs tentent de faire sourire leurs voisins, les stressés vérifient le moindre détail (équipement, profil de la course, etc.), les autres regardent dans le vide et s’enferment dans leur bulle. Je me situe à mi-chemin entre les 2 dernières catégories.
Tiens, en parlant de « profil de la course »…Catherine Poletti, directrice de la course, prend la parole : « Risques d’orages et de forts vents. Décision a été prise de se rabattre sur le parcours de repli. » En d’autres termes, on rabotte ! Tête de la Tronche, Bovine, Tête aux Vents.. Fini ! Une prochaine fois ! Pour compenser, si on peut dire, après Champex-Lac, on descend jusqu’à Martigny.

Avec ces ajustements, nous passons de 98 à 92kms, et de 5900D+ à 5100D+.
C’est vrai que c’est rageant car la plupart d’entre nous a établi un « plan de course » avec calcul des horaires de passage sur tous les points de contrôle ou ravitaillements de la course. En 2 minutes, toute cette préparation méticuleuse est anéantie.. Mais pas de quoi râler comme certains de mes voisins peuvent le faire à ce moment-là, il en va de notre sécurité, non ?

Courmayeur-Arnuva

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Il est 10h12, notre départ est donné. Les coureurs du premier sas sont partis il y a 10 minutes.
Ca ne fait pas 10″ que je passe la ligne de départ que je m’emmêle déjà les pinceaux dans mes bâtons et que je me fais déjà une belle éraflure sur le molllet. Ca commence bien !

Nous entamons la montée vers le refuge Bertone. A la queue leu leu (!)
Une fois ce point atteint, au bout de 4.7kms (en 1h04 tout de même), et alors que nous n’avons fait quasi que marcher depuis qu’on a quitté les rues animées de la ville, un ravitaillement nous attend. Je passe tout droit.
J’apprendrais plus tard que les gens qui me suivaient sur Facebook ou sur le live directement ont été très étonnés de me voir passer en 1h, ce que j’estimais faire en 3. Forcément, sur le parcours originel, le refuge se trouvait au Km 13.2 Rien à voir donc !

Sur la portion allant de Bertone à Bonatti, je rattrape Stéphanie, rencontrée 3 semaines plus tôt sur le Trail du Val d’Heure. Je l’accompagne quelques minutes puis continue mon chemin en lui précisant que j’espérais bien qu’elle ne me reprenne pas plus loin ! lol
C’est donc maintenant au tour du refuge Bonatti de nous accueillir. Nous y sommes parvenus.. A la queue leu leu (!)
Cette fois je m’y arrête pour prendre la première soupe de la journée. 2h09 que je suis parti.

Au sortir de ce ravito, ça grimpe encore un peu puis le chemin est roulant voire descendant jusqu’à Arnuva. Je double une nouvelle fois Stéphanie qui ne s’est pas arrêtée, ou très peu, à Bonatti ! Sur ce chemin, un concurrent perd son gobelet quelques mètres devant moi, personne ne lui ramasse, il râle, je me baisse donc pour lui redonner. Il me remercie et veut maintenant que je lui remette dans le sac et que je referme ce dernier.. Et tout ça, sans s’arrêter de courir.
Euh.. oui. Mais là faudrait qu’on s’arrête Monsieur car ça va pas être possible ! Il râle de nouveau et me dit qu’il va se débrouiller. Il s’arrête. Je ne sais pas ce qui l’empêchait de s’arrêter 20″ pour refermer son sac, mais il avait l’air bien stressé !

Ascension du Col Ferret. Gros morceau ! 700D+ en 4kms
Nous apercevons tout au loin là-haut des concurrents minuscules, et ben, on n’est pas rendus !
Je suis assez serein et ne m’enflamme pas, j’entame la montée tranquillement. De toutes façons, comme depuis le début de la course, nous sommes… Je crois que je l’ai déjà précisé.. A la queue leu leu (!). Il n’y a plus qu’à prendre son mal en patience. Et puis, ce coureur Japonais, qui vient de redémarrer, haletant, devant moi, avec sa petite clochette qui ne cesse de tinter, c’est agréable.. Mouais nan en fait, ça me prend bien la tête, je la balancerais bien dans le premier ruisseau venu.

Grand Col Ferret. Mais c’est la tempête là-haut ?! Quel vent mes amis, quel vent !
Allez, faut pas s’attarder ici, descente ! Enfin !
Je me remémore à ce moment précis les erreurs commises sur le X-Trail de Courchevel l’an passé.. Les descentes, à bon rythme mais pas à fond. Même sur ce rythme que je considère comme modéré, je dépasse quantité de concurrents et seule une personne me dépassera dans cette très longue descente vers La Fouly. En route, tout le monde sortira son gobelet et se rafraîchira auprès de cette source plantée là, en plein milieu de nulle part.

Peu de temps avant d’arriver à la Fouly, j’arrive au niveau d’un membre de Kikouroù, « jepipote », chouette, enfin quelqu’un à qui parler, je commençais à m’ennuyer.
Nous arrivons ensemble à La Fouly où un énorme chapiteau nous attend. A la soupe  tout le monde !
Je remplis complètement mon camelbak puis m’isole au fin fond de la tente et prend ma soupe tranquillement. Mes temps de passage à l’entrée et la sortie de ce ravito indiquent que j’y suis resté 8 minutes.

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La Fouly-Trient

La portion La Fouly-Champex ne me laisse pas un souvenir impérissable, je ne me souviens d’ailleurs plus vraiment des chemins empruntés, ni s’il y a quelque chose d’intéressant à raconter.
Ce dont je me souviens plus, c’est la longue montée dans les bois vers Champex. Et où une personne qui vient de me doubler me demande si c’est mon bébé qui est en photo sur mon sac.. Je lui réponds que oui. Il me dit qu’il est très mignon.. C’est bête à dire mais ça me donne le sourire, incroyable. Ce même bébé à qui j’ai pensé souvent dans cette course, les moments de « moins bien ».. Et qui m’a toujours redonné du courage. Merci petit bonhomme !

Champex-Lac ! Enormément de spectateurs ici, c’est super tous ces encouragements.
Je m’engouffre dans l’immense tente, y déguste une quantité indescriptible de quartiers d’orange puis termine ce festin par un trop-plein de salé (fromage, saucisson, pain.. et soupe !)
Je m’assois au bout d’une table, enfile rapidement ce qui me reste à manger, pour ressortir tout aussi rapidement de la tente pour aller me poser tranquillement plus loin, abasourdi par toute cette agitation. Trop de bruit, je préfère être au calme.

Un autre Kikou m’a prévenu, attention à la descente vers Martigny, c’est raide !
Le début n’est pas vraiment raide, et très roulant. Mais la descente finale vers un village Suisse (dont je n’ai pas relevé le nom) est effectivement très raide.
Dans ce village, un bar propose des gobelets remplis d’eau. J’en avale un tandis qu’un autre coureur à côté de moi prend une bonne lampée d’un verre de bière qu’un pilier de comptoir lui avait tendu ! lol
Nous montons ensuite dans les vignes puis y redescendons pour emprunter un long sentier qui ne cesse de monter et descendre jusqu’à Martigny. C’est là que les premières gouttes font leur apparition. Il est 19h15.

A Martigny, c’est une tente ridicule, sans doute installée à la va-vite (parcours de repli oblige ?) qui est plantée là.
Il y a une grosse prise au vent dans cette tente, et seulement un ravitaillement liquide. Je m’assois néanmoins sur un bout de couverture (rien d’autre pour s’asseoir) et repose quelque peu mes jambes endolories depuis le 50ème km environ. Nous en sommes au 60ème, il reste « 30 kilos » comme le dit mon voisin d’infortune, lui aussi assis sur son bout de couverture.
Allez, faut pas rester là, ce n’est pas confortable, et le chemin est encore long.. J’enfile ma veste, et je me lance !

La suite est totalement déprimante. Nous errons dans les rues de Martigny. Puis c’est une pente TRES raide qui s’offre à nous, sans compter que ce n’est que du bitume depuis la sortie du ravitaillement. Ce n’est pas du tout agréable.
Enfin, un chemin ! Le Col de la Forclaz est annoncé à 02h40 (il me semble)…
Oula, deuxième coup de déprime, la montée va être longue, d’autant qu’il pleut en continu maintenant et que la nuit s’annonce..

Mon Garmin 305 donne les premiers signes de faiblesse au bout de 10h20 de course : « piles faibles » m’annonce-t-il.
Je vais donc faire d’une pierre deux coups, je m’assois sur un rocher et farfouille dans mon sac pour retrouver mon chargeur Philips. Je branche ma montre dessus et remet le tout dans le sac sans être convaincu que ma montre va correctement se recharger. On verra bien..
Puis vient le tour de la frontale. Tout est emmêlé, je perds du temps.
Finalement, tout est en place, j’allume mon phare et je continue la progression, lente, humide et froide, vers le Col.
Cette montée interminable est l’endroit qui m’aura posé le plus de soucis. D’autant que mon dos donne des signes de faiblesse 🙁

Le col est atteint dans la douleur. J’espérais un ravitaillement ici.. Rien ! Le prochain est à Trient, au bout d’une descente annoncée dans 30min (en mode rando) donc je me dis que j’y serai dans un petit quart d’heure.
A Trient, il y a encore des courageux là pour nous applaudir, il est 21h47.
14 minutes après être arrivé ici, je repars, non sans avoir dégusté de nouveau une bonne soupe accompagnée d’un excellent pain de campagne. Miam !

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Trient-Chamonix

A Trient j’avais décidé de m’équiper plus chaudement. Malheureusement, dans ma jeune expérience sur ultra-trail, il y a une chose primordiale à faire, à laquelle je n’avais pas pensé, protéger ses fringues à l’intérieur du sac. Moi j’ai tout enfourné là-dedans sans réfléchir sur ce qu’il adviendrait de ces fringues en cas de pluie.
Là, ok, je m’en suis rendu compte. Tout est trempé, je ne peux pas mettre mon t-shirt manches longues, ni mon collant. Je reste donc avec mon t-shirt manches courtes détrempé et mon short de début de course. J’enfile tout de même mes gants.
Il fait froid quand je ressors du ravito. Ca me désole de ne pas avoir pensé à ça, ni d’avoir quelqu’un avec moi sur la course qui aurait pu me donner des vêtements secs. J’imagine que tout cela fait partie de l’expérience.. Néanmoins, je ne me relancerai plus sur un ultra sans avoir un soutien quelconque sur le parcours. Sans compter que moralement, avoir une connaissance à qui parler et qui va te remonter le moral, ça ne peut être que bénéfique je suppose.

Bref, je repars. Bitume, bitume, bitume, c’est clairement chiant. D’autant qu’on longe un axe principal avec bon nombre de voitures.
Enfin nous tournons à gauche, mais toujours sur route, bien qu’elle ne soit plus vraiment passante. Montée vers Les Jeurs. C’est une longue montée, mais, contrairement au Col de la Forclaz, c’est très peu pentu. C’est une route après tout, il faut bien que les voitures puissent l’emprunter.
Je bascule dans la descente, direction Vallorcine. Ma frontale passe au niveau 3 (sur les 4 possibles) et il me semble que j’éclaire toute la forêt. Bien pratique avant d’entamer une descente de nuit.
Je double encore des concurrents qui me laissent passer et qui sont totalement à l’arrêt. Mes facilités en descente sont là encore mises en avant, je m’épate moi-même. Personne ne me doublera jusqu’à Vallorcine. Une petite frayeur sur la fin de parcours est à relever tout de même quand je me tords copieusement la cheville sur une racine mal négociée. Bon, ça a l’air de tenir.. On verra bien !

Vallorcine, je cherche le même pain de campagne que j’avais trouvé à Trient. Rien de tout ça, de la vulgaire baguette que j’ai même soupçonnée avoir été (pas suffisamment) décongelée. Beurk.
Je m’installe à une table, demande à un accompagnateur s’il peut me prendre en photo ; il s’exécute immédiatement puis je ressors ma montre – super, la charge a fonctionné ! – Je regarde rapidement mon téléphone, et vois que j’ai déjà 44 messages (Grand merci à tous ceux qui m’ont envoyé un message !!)
La nana au chrono à qui je demande ce qu’il reste à faire m’indique qu’il reste 14kms avec 4kms et 200D+ puis 10kms relativement descendants jusqu’à l’arrivée.. Ca me semble trop beau pour être vrai. « Vous êtes bien sûre ? ».. Je suis toujours méfiant de ce qu’on peut nous annoncer sur une course, mais il s’avérera par la suite qu’elle était parfaitement renseignée.

Sachant ça, je ressors de Vallorcine ragallairdi, je cours à bon rythme et dépasse déjà des concurrents. Une personne que je rattrape et à qui je dis que je n’ai qu’une envie, c’est de prendre une douche calme mes ardeurs et me rappelle que j’en ai encore pour au moins 2h30. Je lui dit « oui, oui, je sais » et je remets la gomme.

Après avoir sauté de flaque en flaque, je parviens à Argentière puis Les Tines. Il est 1h20, c’est presque fini. Reste le chemin vers Chamonix par les Balcons Sud.
Je manque de peu le contrôle à Les Tines pensant que c’était juste un poste de secours. Mais le contrôleur veille et me rappelle à lui !
On peut encore manger un bout ici. Il ne reste pourtant que 7kms.

Dernière portion, en forêt. De nouveau un contrôle. « Encore 4kms, allez c’est bon mon gars, tu y es ! »
Les kilomètres défilent sur ma montre, et je ne vois toujours pas Chamonix. Bizarre tout de même. Il en reste 2 et je suis toujours dans les bois, suivi et devancé par d’autres coureurs avec qui je file vers une ligne d’arrivée tant convoitée.
Au détour d’un virage sur la gauche, grande descente et premières lumières de la ville. J’y suis !
Je double un gars qui marche dans les rues, boitillant. Sûrement blessé. Je l’encourage. Moi, je suis totalement euphorique et sur une autre planète.

Chamonix-Chamonix

Il n’est pas tout à fait 2h00 du mat’.
A ceux qui m’ont suivi par ordis ou smartphones interposés, voici les explications du pourquoi du comment je n’étais pas annoncé finisher avant 8h00 du mat’..

Dans Chamonix, un membre du staff m’indique qu’il faut que je tourne à droite à la prochaine rue, et que j’y suis presque, que c’est fini.
Il n’y a personne derrière moi, personne non plus devant à tenter de doubler, je file donc vers une ligne d’arrivée toute proche !
Je reconnais le gymnase dans lequel j’avais retiré mon dossard le jour d’avant, puis je vois une arche, le long de l’Arve. Il n’y a personne. Bon, en même temps, il est 2h, il pleut depuis 19h15 sans discontinuer et il fait froid. Je passe sous cette arche, j’entends ma puce sonner. Hourrah !! J’ai fini. Personne pour m’accueillir ou me féliciter mais bon, pas grave. 15h45 de temps de course et 94,5kms parcourus sont affichés sur ma montre quand j’arrête mon chrono.

Je cherche donc maintenant à récupérer mes affaires (sèches !) et à trouver le chemin vers les douches puis les lits..
Dans le gymnase, des dizaines de lits de camps sont alignés, j’ai l’impression qu’ils s’apprêtent à accueillir des réfugiés suite à un événement climatique important mais non, rien de tout ça ! Juste des coureurs à pied, fatigués de leur soirée/nuit passée dans les montagnes..

Je passe de longues minutes sous une douche que je craignais juste chaude et qui s’avéra être carrément bouillante, et très appréciable. Puis je me couche vers 2h30 en repensant à tout ce que je viens de vivre.

A 6h30, j’ouvre un oeil puis consulte mon téléphone dont les messages alarmistes et inquiets affluent depuis quelques heures. Je ne comprends pas.
A 6h18, Vanessa m’écrivait : « Tu es à Les Tines depuis 1h20! Que se passe-t-il ? Je suis morte d’inquiétude !! »
Je demande donc à la personne qui gérait les lits si la ligne d’arrivée était bien celle que je croyais être. Il ne sait pas trop, me demande si j’ai bien longé toute l’Arve, s’il y avait bien des photographes sur la ligne.. Hummm, je commence à stresser. Non, rien de tout ça.
A 6h51, c’est au tour de Fanny de m’écrire : « Je sais pas où tu en es.. Tout va bien ? Sur internet t’es pas encore arrivé.. Tu peux nous rassurer ? »
La sachant réveillée, je lui réponds de suite : « Oui bien arrivé à 01h45. C’est quoi ce bins ?Je vais me renseigner. Je viens de me réveiller là mais je vais me rendormir, je suis HS lol »
Elle me répond immédiatement d’appeler Vaness, ce que je n’avais pas encore fait ayant peur de la réveiller. Avec le recul, et sans être déphasé comme j’ai pu l’être, il était évident qu’il fallait que je la prévienne au plus tôt, même si je risquais de la réveiller. Désolé encore..

A 7h04, c’est au tour d’Olivier de m’envoyer son SMS : « Donne des news tout le monde s’inquiète »
Les news ont donc été données, les gens rassurés. Mais moi, alors que j’aurais aimé me recoucher, il faut que je règle ce « léger » problème.

Je fais donc mon paquetage, renfile mes chaussettes et mes godasses (j’avais oublié de prendre du change à ce niveau, bravo le gars !) puis me dirige vers le petit-déj’. Ouais, je suis plus à 30min près maintenant..
Le petit-déj’ est rapidement avalé, et pas trop apprécié tellement j’ai l’estomac noué avec cette histoire de ligne d’arrivée.
Je mets donc le nez dehors, des coureurs arrivent encore, l’arche sous laquelle je suis passé quelques heures plus tôt trône toujours ici, fièrement.
Je me mets sur le parcours, et fait, en marchant, ce que j’aurais dû faire la nuit dernière, en courant. Effectivement, il y a des barrières, des rubalises.. puis une ligne d’arrivée magistrale, que j’avais pourtant vue le jour du retrait du dossard. Comment ai-je pu ? Comment ai-je pu la manquer ? Ne pas finir la course, ce dernier kilomètre ?? Je m’en veux, je rage intérieurement.

Je me présente au premier poste que je trouve, le poste des abandons.
J’explique ma situation et cette si gentille dame, interloquée, m’accompagne jusqu’au PC course, à l’intérieur de la mairie.
Là, j’y trouve une dizaine de personnes affairée chacune sur son PC portable, à régler tous les problèmes possibles imaginables. Sans compter sur le boulet que je suis, qui vient voir s’il peut être réintégré au classement.
Un gars me prend en charge – me confie qu’une nana a fait la même erreur que moi -, et constate que je suis effectivement passé par l’arche « annonce speaker » à 01h57. Il m’explique que cette arche permet au speaker situé sur la ligne d’arrivée d’annoncer que tel ou tel coureur (enfin les connus, pas moi ! lol)  arrive. Il constate finalement que j’étais 255ème à ce niveau, et conserve mon classement.
Je suis donc reclassé à la même place, et suis annoncé finisher à 02h02 du mat’ soit en 15h49m35s. Un grand soulagement !

Je profite de faire une photo dans ce lieu que peu doivent connaître puis je suis raccompagné sur la ligne d’arrivée par le fils de Catherine Poletti, qui, cette dernière, m’accueille et me félicite en m’embrassant comme elle le fait avec tous les concurrents qui arrivent toujours à cette heure matinale, au bout d’une vingtaine d’heures d’efforts. Les courageux ! Toute la nuit sous la pluie. Je ne manque évidemment pas d’applaudir tous ces valeureux finishers sur le chemin qui m’emmènera vers la navette de retour, et après avoir rendu mes 2 puces et pris mon beau gilet « finisher CCC »

La navette nous prend à 08h45, direction Courmayeur. J’y croise Thomas Saint-Girons, tout sourire, qui continue son chemin UTMB.
Retour aux Arcs, et retrouvailles avec mes suiveurs internet, Fanny et Nico, à qui je peux raconter cette abracadabrante histoire de ligne d’arrivée !

Mes temps de passage et classements respectifs
Classement actuel :
255/1591
Classement
par catégorie :
139/608
Dernier point :
Temps de course :
S-02:02 Chamonix
15:49:35
Finisher
Tableau des passages
Pts Heure pass. Tps course Classt.
Départ V-10:12 00:00:00
Refuge Bertone V-11:16 01:04:18 672
Refuge Bonatti V-12:21 02:09:05 641
Arnuva V-13:04 02:52:28 628
Grand Col Ferret V-14:17 04:05:32 556
La Fouly V-15:40
V-15:48
05:28:12 464
Champex-Lac V-17:33
V-17:45
07:21:02 367
Martigny V-19:42 09:29:59 301
Trient V-21:47
V-22:01
11:35:23 308
Les Jeurs V-22:30 12:17:54 294
Vallorcine V-23:37
V-23:49
13:24:50 276
Argentière S-00:43 14:31:11 272
Les Tines S-01:20 15:08:00 262
Chamonix S-02:02 15:49:35 255

Très content de cette gestion de course où je n’ai fait que progresser dans le classement.
TDS sans doute l’an prochain..

Classement :
1 5003 – GAULT Emmanuel uzac SEH 1 10:10:25

255 6496 – MINCKWITZ Stany vuc sports nature SEH 139 15:49:35

1591 6079 – SINOQUET Loic SEH 608 25:49:44

12 réponses à “CCC 2011”

  1. Cet après midi, j’ai hésité entre plonger dans les profondeurs des textes fiscaux ou avoir la tête dans les montagnes en lisant ton CR…bon l’hésitation fut (très) courte, j’ai opté pour l’évasion!
    Très belle course, toujours la sensation de partager réellement tes aventures.
    Encore bravo!!
    ps : tu as eu mes sms ou pas?

  2. eh ben tu fais une super fin de course, je viens de comparer nos temps, et apparemment tu me redoubles juste avant Champex pour finir super fort comparer à moi. félicitations donc pour avoir su gérer ça… presque jusqu’au bout^^. bonne recup. (mon dossard: 6820)
    jepipote (hervé)

  3. Je le dis à chaque fois (mais là ça prend toute son ampleur au vu du challenge et de ton classement) je suis si fière de toi!!! J’hallucinais de te voir gratter toutes ces places au fil des heures … J’hallucine encore aujourd’hui de te voir en si bonne forme! Tu es fait pour ça et j’espère que tes prochaines expériences seront également un succès et que je serai là avec notre fils pour te soutenir et te féliciter en direct.

  4. Tu peux en effet te vanter de nous avoir fait stresser la nuit de ta course……c’est bien tout toi ! Encore un très grand BRAVO pour cette belle performance, tu es un vrai CHAMPION ; désolés ne pas avoir pu être à tes côtés mais ce n’est pas toujours évident de pouvoir tout concilier (on essaiera de faire mieux la prochaine fois)
    Félicitations pour ton récit ; tu nous fait vivre tous tes ressentis, c’est impressionnant, on s’y croirait !
    Je t’embrasse très fort.

  5. Bravo Stany, je suis fier de toi et de ce que tu as vécu, j’aurais bien aimé le vivre également étant plus jeune ; je crois que quelque part je t’ai donné l’envie de courir. Au début je courais sur route, nous avons fait ensemble plusieurs courses dont le Marathon de Paris.
    Après tu t’es orienté vers les courses natures trail et à ton tour tu m’as donné cette envie de courir des trails
    Mes performances sont bien plus modestes mais pour moi faire un semi en montagne avec du dénivelé m’apporte beaucoup de plaisir et de bonheur.
    Je n’ai pas pu te supporter et je regrette beaucoup; J’aurais tellement aimé t’accompagner une vingtaine de kms.
    Nous avons partagé des moments forts sur différentes courses et je pense particulièrement à notre course en étapes dans la Cappadoce.
    J’espère pouvoir garder encore la forme quelques années pour partager encore avec toi et Vanessa ces moments forts et dans quelques années avec mon petit Eytan qui, sans aucun doute aura hérité de son grand-père, de sa maman et de son papa…..
    Bisous

  6. Salut Stan,

    Encore bravo pour cette belle perf et ce super CR. Je ne doutais pas de toi, je savais que tu finirais en moins de 20h !!!! Quelqu’un qui finit les Templiers en 12h………Bref, je suis bien content de voir comment tu as géré. Bonne récup et à bientôt

  7. bravo quoi dire d autres ,tu es en pleine forme mais tu as en plus un moral d acier car pour s attaquer a pareille course il faut les deux ,tu seras un exemple pour ton fils ,le plus dur était certainement d etre seul mais beaucoup de personnes t ont accompagner en pensées, encore bravo,
    richard et fabienne

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