10 cols, 2 sommets, 4400 D+, ce sont les 53kms du XTrail de Courchevel

Presque 24 heures que la course est terminée et je me remémore, au fur et à mesure que la journée avance, les lieux que je traversais hier, à la même heure… Les moments d’euphorie, mais surtout les galères, et la souffrance.

Dimanche 8 août, 3h15, le réveil sonne alors que je suis déjà réveillé depuis 15 minutes après avoir passé une nuit trop courte malgré le coucher à 20h30 hier soir.
Nous nous levons avec Fabien (Zwiling), notre hôte dont l’appartement de famille, situé à Courchevel 1550 est à quelques minutes du départ, et Yannick (Yannick74).

Hier soir, nous avons préparé nos sacs, accroché nos dossards ; on ne perdra pas de temps avec ça le matin de la course. Il y aura juste la poche à eau à remplir… Tiens au fait, la poche à eau, pourvu que je n’aie pas pris celle du camelbak-ceinture de Vanessa ?!!!? Petit moment de panique quand je pense à ça dans le lit. Bon on verra bien demain matin…
Lendemain matin, bingo… C’était sa poche à eau ! Avec une contenance de – d’1L (comparativement à ma poche qui fait 1,7L), je suis mal, très mal… Pas le choix, j’emmène un bidon supplémentaire dans le sac. Pas pratique, mais pas le choix. 🙁

Nous quittons l’appartement à 3h50 et rejoignons la tente de départ au Praz. Du thé ou du café nous y attendent, cette boisson chaude fait du bien surtout à cette heure matinale où il fait un peu frisquet, mais moins que ce à quoi je m’attendais.
Nous entrons dans le sas de départ (sans que le matériel obligatoire n’ait été vérifié – mauvais point pour l’organisation selon moi.. Mais le seul), les frontales s’allument, l’organisateur donne ses dernières recommandations. En français, puis son homologue Italien lui succède pour la traduction car le XTrail fait partie d’un challenge en partenariat avec l’Italie, il y a donc beaucoup de traileurs transalpins.

Nous nous élançons à l’heure dite, 4h30, sur une montée balisée par des flambeaux, superbe ! Ca démarre fort.. Mais à pied déjà !
Au bout de 500m de course, je dois me trouver dans la seconde moitié du peloton et nous voyons toutes les frontales des premiers nous faire face, tout le monde s’est planté de chemin, ils font demi-tour ! Incroyable. Je me retrouve du coup dans les premiers ! On sent qu’il y a de la tension dans l’air car les premiers veulent revenir rapidement aux avant-postes, ce qu’ils font en doublant un peu comme ils peuvent ; Dawa Sherpa passe près de moi, il plaisante en disant qu’il n’a jamais doublé autant de monde sur une course ! lol

Plus loin, nous n’avons pas encore atteint le 3ème km qu’un gars fait déjà demi-tour, sans doute blessé. Quelle frustration pour lui, le pauvre.

Autour du 6ème km, alors qu’on ne fait que monter depuis le départ, le jour se lève, on sort de la forêt, le ciel est encombré de nuages, mais le paysage est vraiment grandiose.

Le premier ravitaillement est atteint au 8ème km, je prends mon temps car je sais que juste derrière c’est le Rocher de la Loze et qu’on se « mange » 250m de dénivelé positif sur 1 gros km. Un petit coucou au cameraman après le ravito et c’est parti pour l’ascension. Ascension qui ne se passe pas trop mal et qui offre, une fois le sommet atteint, un chouette panorama que je ne manque pas de prendre en photo !

Je sors alors de mon sac le papier imprimé représentant le profil de la course, cela permet de ne pas être pris trop au dépourvu pour les prochaines difficultés. Jusqu’au ravito 2, situé 8kms plus loin, ce n’est pas compliqué ; une grosse descente, une grosse montée. Je m’éclate bien dans la descente dont le départ est technique et entame la montée sereinement et en bonne forme malgré la longueur de celle-ci, environ 3kms.
En haut, c’est le ravito où je m’arrête là encore longuement. Les 2 mamies sont très sympa même si elles se cailllent un peu, les malheureuses ! Je leur souhaite bon courage en repartant…

C’est un chemin de crête qui nous amène ensuite au Col du Fruit et c’est de ce col que s’amorce une grosse descente, descente que je pense avoir fait trop rapidement et qui me grille sans doute par la suite (?)..

Nous sommes au 20ème km, je suis pile-poil dans les temps que j’avais estimés, c’est-à-dire 4h de course ; bref coup de fil à Vanessa pour lui dire que je suis dans les temps pour notre rdv, et que tout va bien.

Jusqu’au refuge du Saut, c’est un chemin roulant sur lequel on peut courir aisément, ça fait du bien. Nous croisons là les premiers randonneurs qui, pour certains, auront pu sentir que j’étais sympa… Jusqu’à un certain point !! En fait, peu de temps après le refuge, un groupe de 5-6 personnes s’était aventuré sur le même sentier que notre parcours et visiblement, ça les ennuyait franchement de s’écarter (!!) J’ai été obligé de sortir du chemin pour les passer, ce qui n’a pas manqué de m’énerver, et ça, ils l’ont bien compris…

Après ce petit intermède déplaisant, je débute la grimpette vers le sommet du trail, le Col du Rateau. Mais avant ça, c’est le Col de Chanrouge qui m’aura bien usé; je me suis arrêté pendant l’ascension sur le côté, me suis allongé quelques instants et ai pris conscience que le chemin était encore long.. Très long. Petit coup de démotivation sur le moment. Je repars néanmoins, il m’en faut un peu plus pour m’abattre.

La personne située en haut de Chanrouge m’annonce : « 30min pour le Col du Rateau, 30min ensuite pour le ravito 3 ».. Ouais enfin c’est toujours pareil ; entre le meilleur qui va mettre 20min et le moins bon qui va mettre 1h, la notion du temps est toute relative !
Bon an mal an, j’atteins le Col du Rateau, via une montée TRES ardue qui ne s’est quasiment effectuée qu’en sautant de roche en roche (photo prise par Fabien ici).
Très éprouvé, je m’assois en haut.
Le gars posté là nous accueille et nous félicite d’avoir atteint le point culminant de la course (2689m) ; la suite des hostilités, c’est descente technique puis passage sur 50m dans la neige où, nous dit-il, il faut descendre sur les fesses : « Enfin de toute façon, vous n’aurez pas le choix, vous allez forcément vous casser la gueule !!! »
Et ça le fait rire le bougre.
Les 4 ou 5 coureurs arrivés avant moi repartent et j’attends de voir comment ils s’en sortent. En effet, irrémédiablement, tout le monde tombe et glisse, ce que je ferai quelques instants plus tard !

Juste après ces quelques sympathiques glissades, un homme, sorti de nulle part, est là. Je me demande encore aujourd’hui s’il faisait partie de l’organisation.. Ce qui est sûr par contre, c’est que cet homme, certainement plein de bonne volonté, m’a donné tellement d’indications sur la suite du parcours – « 200m, sentier à droite », « après il faut contourner le lac par la gauche », « attention ici, attention là », etc. – que je n’ai strictement rien retenu de ce qu’il m’a dit !!

Le sentier file jusqu’au ravito, il fait grand bien ce ravitaillement ! Je ne comprends qu’une fois dessus que les coureurs du 30 passent eux aussi par là étant donné le monde présent sur place.
Je repars 4 ou 5 min plus tard (difficile d’estimer exactement, je ne me prends plus vraiment la tête avec un quelconque chrono) au milieu des 2 groupes de coureurs, ce qui est assez déconcertant lorsque, dans certaines montées « roulantes », là où la plupart de ceux qui font le 53 ne peuvent pas (ou plus !) courir, certains parviennent à relancer et te dépassent en courant, eux ! Je me rassure en me disant qu’ils font forcément le 30.

Voici que se profile la descente avant la terrible montée du Col de la Grande Pierre, là encore une montée sèche, très impressionnante, surtout que du bas, on distingue ceux parvenus quasi en haut, mais qu’ils sont loin.. Et petits !
C’est dans cette descente que je me tords lamentablement la cheville gauche, en voulant relancer après qu’un gars que je suivais depuis un petit moment m’ait laissé le doubler. Je me créé une bonne frayeur. Je m’assois quelques instants, me masse énergiquement avant de repartir en compagnie de Xavier (Xbo) !! Finalement, cet arrêt forcé aura permis que je retrouve un copain. Je fais toute l’ascension avec lui, ainsi qu’une nana qu’il connaissait… De pouvoir discuter avec lui est vraiment réconfortant.
La Grande Pierre est atteinte, Xavier continue sa route, moi je me pose, une nouvelle fois, accompagné de Vanessa qui a vissé la caméra sur la tête !!
Je ne m’y attendais pas mais c’est une chouette surprise surtout que les 3 prochains kilomètres se font sur une crête surplombant Courchevel ; le paysage est à couper le souffle !

Au Col de la Chal , Vanessa emprunte le chemin de gauche – celui du parcours de 30Kms – pendant que je continue sur la droite, vers la dernière difficulté du trail, la Dent du Villard.
Juste avant l’ascension, je remplis le camelback, à sec, avec le bidon situé dans mon sac ; ce n’est pas très pratique mais je suis bien content de l’avoir !

Dent du Villard, c’était la dernière grosse ascension, facile jusqu’à l’arrivée !
Avant de commencer les 4kms de descente (aux dires des 2 bénévoles situées là), je m’assois 2min, encore une fois. 4kms de descente donc, le ravito, et les 7kms pour finir…

La descente se fait au ralenti, je paye très certainement des plus de 8 heures passées sur le terrain, j’ai beaucoup de mal et ai l’impression que cette descente s’éternise anormalement. Je me fais beaucoup doubler. 4kms après avoir passé le col, le lac de la Rosière, lieu du R4 est toujours en vue, mais il est toujours aussi loin, me semble-t-il !

Je maudis ces 2 bénévoles qui annonçaient le ravito si tôt et ne comprends pas pourquoi ils sont si souvent mal renseignés.
Bref, encore 2kms et c’est le ravitaillement. Une chaise de camping est là, elle n’attendait que moi.. Parfait ! Je me gave de quartiers d’orange, comme toujours. L’orange passe super bien donc j’en profite.

Vanessa m’accompagne pour le final, des affichettes indiquant le nombre de kilomètres restants jalonnent le chemin et ce final roulant comporte néanmoins quelques montées effectuées en marchant.
Panneau 1km, je veux le terminer en courant, la première bosse, je la fais au pas, ensuite je termine en courant encouragé par Vanessa et les spectateurs auxquels j’essaie de répondre chaque fois par un timide « merci ».
Je tends la main à Vanessa pour que nous passions la ligne ensemble – surtout qu’elle n’a pas démérité puisqu’elle a tout de même couru et randonné sur près de 26kms -, je suis soulagé et content d’en terminer.

Je ne parviens pas à beaucoup manger ensuite, et suis pris de vertiges 45min après avoir passé la ligne. Je sens que je vais vomir, je sors à l’extérieur et cherche un endroit à l’abri des regards, je m’allonge dans un coin isolé, près d’une poubelle (!)
Je trouve ensuite un coin ombragé, sous la ligne d’arrivée, et le médecin de course vient à mon chevet. Rien de grave, « simple » déshydratation.

Mon classement : 78ème / 153 partants (183 inscrits), en 10h15.
Il y aura eu 135 finishers.

En résumé, un superbe trail, très dur, mais qui rapporte 2 points UTMB.

Pour la petite histoire, Fabien, qui nous hébergeait, fini en .. 10h16, juste derrière moi, alors que je ne l’ai pas vu de toute la course !
Yannick, pour sa part, carbure bien plus que nous et passe la ligne en 8h17, avec une jolie 22ème place au scratch, chapeau !

Edit 15 Août : la vidéo (version courte et qualité divx). Désolé pour la fin de la vidéo où la caméra est mal orientée 🙁

12 réponses à “10 cols, 2 sommets, 4400 D+, ce sont les 53kms du XTrail de Courchevel”

  1. Bravo Stan pour cette belle course et ce récit des plus détaillé .
    Bonne récupération et à très bientot sur mes nouvelles terres .. et prends bien soin de ta cherie et de sa monstrueuse ampoule qu’elle s’est faite en t’accompagnant. que c’est beau l’amour :-)))
    Txo, Jay

  2. super récit,félicitation pour ta course et surtout content d’avoir fait ta connaissance à la fin de la course (si,si tu sais le kikou qui était assis à côté de toi près de la barrière bien à l’ombre).Pour mon premier trail en montagne je m’en souviendrai mais l’essentiel était de finir -11h03- .A très bientôt j’espère. Kikou filoudorsan

  3. Encore bravo! Je suis tellement contente pour toi. Je sais que ce genre de challenge te tient à coeur et que même si c’est éprouvant, tu as pu le savourer à sa juste valeur. Dommage pour cette déshydratation très certainement due à cette histoire de camelback et peut-être aussi à ta sale habitude de ne pas boire suffisamment 😉
    J’espère bientôt en faire de même, sur des distances plus raisonnables, mais vaincre un beau dénivelé et galoper (ou pas) au travers de cette superbe région qui ne cesse de me faire du charme.

  4. BRAVO pour ta course et merci pour ce très beau récit bien détaillé.
    J’espère bien pouvoir en faire de même un jour, en tout cas cela donne envie…
    Bonne récupération et, j’espère, à bientôt.
    Jorge.

  5. BRAVO encore une fois fiston, c’est une belle réussite et une victoire sur soi mais mon coeur de mère est toujours serré quand je te vois partir à l’assaut de telles distances et de telles montées !!! Bravo aussi à Vanessa pour le soutien qu’elle t’a apporté tout au long de cette course.
    Bisous à vous deux et repose toi encore un bon moment …….

  6. bravo à toi, encore un défi réussi.
    Celui ci était bien corsé.. Maintenant il faut récupérer raisonnablement avec un très bon repos pour recharger les batteries.
    Encore une fois bravo et un bravo aussi pour mon petit coeur pour ses 26 km et son soutien envers toi
    faby et riri

  7. Bravo Champion, super génial, Manu veut faire les 30KMS, c’est malin.
    Bravo et merci à Vanessa, nous avons pu admirer les paysages, vivre un petit peu la course. Géant….
    Bisous lara et manu

    Bravo parrain, bisous à toi et Vanessa maureen

  8. superbe video et encore bravo sa donne le vertige tout au debut mais quelle spectacle !!! encore un grand coup de chapeaux moi aussi je vais la faire cet année !!!!

    ps./ les musiques qui accompagne ta video tu peut me donner les titres si tu les a elles sont chouete !!

    merci

  9. Salut !

    Alors elles ne sont pas dans l’ordre, mais les voici !
    Noa Assembly – into the fire
    Tastexperience – skylines
    Transglobal Undergound – ana
    asura – Territories (part one)
    Airwave – my lady blue (ambient mix)
    Delerium – innocente

    Eclate-toi bien sur ce parcours magnifique.. Moi, je serai sur l’Ardennes MégaTrail le week-end d’avant, donc pas de XTrail.. Hélas !

  10. merci beaucoup c’est tres sympa de me donner une reponse aussi vite merci beaucoup
    et tres bonne chance aussi pour les ardennes je c plus mais je croit que ji serai je demanderai a ma femme merci encore

    alfred

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