Nous sommes à J-1 de la course, on s’est coltinés la route jusque dans le Jura en partant tôt ce matin pour espérer nous reposer un peu avant l’échéance du lendemain.
Echéance programmée depuis belle lurette, c’est la sortie « club » où nous migrons vers les montagnes Françaises. Nous avons jeté notre dévolu sur le Transjutrail où chacun trouvera une distance qui lui conviendra, du 5km au 82km. En relais même, pour cette dernière distance, si on le souhaite.
A J-1, vient aussi le temps d’effectuer la dernière séance du programme, un petit 5×30″/30″ de derrière les fagots, avec Laure, Aurélia, Vanessa et Seba. Puis de récupérer les dossards.
Cette dernière mission s’avérera plus périlleuse que prévue étant donné qu’il nous manque à tous quelque chose dans notre sac remis ; le repas, les chaussettes ou manchettes payés lors de l’inscription. Autant d’erreurs, c’est assez improbable quand on sait que la course existe depuis… 17 ans ! Vraiment décevant.
Le samedi 7 juin, il y aura les épreuves du 82, 62 et 42km. Le dimanche 8 juin, le reste des distances dont le 15km de Vanessa.
Pour moi, ce sera le 62km. Départ 6h. Station Les Rousses. 1100m d’altitude.
Les prévisions météo sont assez catastrophiques. Néanmoins, on ne démarre pas sous la pluie, c’est déjà ça de pris.
On nous promet des « paysages spectaculaires et pittoresques de la région ».. Peu d’espoir de voir quoi que ce soit aujourd’hui vu ce qui nous attend.
Après une grosse montée qui nous emmène à + de 1500m d’altitude, je suis finalement bien content d’avoir mon t-shirt à manches longues en-dessous de ma veste de pluie car il ne fait pas bien chaud là-haut, ressenti empiré par le vent bien présent. On redescend rapidement ensuite sur un sentier particulièrement technique. Gare aux chevilles !
Nous oscillons entre France et Suisse, franchissant continuellement une frontière invisible. Je profite de prendre quelques clichés lors de passages un peu dégagés car je sais que pour le reste de la journée, ce ne sera plus vraiment possible, malheureusement.
Premier ravitaillement. Bois d’Amont.
Il aura fallu traverser un champs tout en dévers, rempli de boue, à l’image de ce qui nous attendra toute la journée.. avant d’atteindre le ravito.
Dément !
Je suis pointé 46ème, je ne m’y attarde pas vraiment, je privilégie le suivant où j’y verrai les copains et Vanessa.
Je suis déjà hors-délai, avec mes prévisions… 1h40 sur le papier, 1h55 réellement.
La seconde section jusqu’au ravitaillement de Chapelle-des-Bois est particulièrement difficile. Enormément de relances, des petites montées cassantes, et des descentes toujours plus boueuses après le passage de l’ensemble des concurrents du 82km, qui plus est.
Le parcours du 62 et du 82 (partis 1h avant nous) est commun jusqu’au 55èkm. Je commence à reprendre certains de ces concurrents par ailleurs dans cette partie … et le malheureux Olivier qui devra abandonner plus loin après une mauvaise chute.
Ce n’est qu’à quelques instants de parvenir à Chapelle-des-Bois que je m’étonne complètement de rejoindre Lionel. Lionel qui participe au 82km en relais avec Laeti.
Aussi, juste avant le village, passage à gué avec la flotte quasi aux genoux. Ca rafraichit.
Accueil en fanfare de la délégation Belge du Trek & Trail au ravito, ça réchauffe les coeurs =)
Vanessa s’occupe de mon assistance ici, je peux tranquillement poser mes fesses sur un banc. Un bouillon, un bisou, et ça repart. 54ème au classement général.
Laeti, qui était partie quelques instants avant moi sera rejointe rapidement. Nous longeons les lacs des Mortes puis de Bellefontaine, ça déroule plutôt pas mal je dois dire.
On rejoint plus loin un large sentier, assurément une piste de ski en hiver, avant de fondre sur le village de Bellefontaine que nous traverserons pour rejoindre le versant opposé.
Puis ce sera le ravitaillement au lieu-dit « Les Marais ». Ca semble facile jusque là…
C’était sans compter les conditions météo ! Le ciel s’assombrit considérablement, dorénavant. C’est alors qu’aux alentours de 11h s’abat sur nous un déluge hallucinant. Tant que tu es dans les bois, tu es à peu près préservé, mais dès lors que tu en ressors et que tu es à découvert, c’est un carnage sans nom…
Oh bah tiens, justement, on sort du bois ahahah pour tracer jusqu’au ravitaillement. Je suis trempé comme une soupe lors de mon arrivée, c’est le cataclysme !
Je retrouve ici Marc, aligné sur le 82km, et qui aura abandonné, ne sachant plus s’alimenter 🙁
Même si Vanessa n’est pas là, j’ai des personnes formidables qui sont aux petits soins pour moi, et les coureurs du club en général. De nouveau, indispensable bouillon et vermicelles. Puis Vanessa arrive après un sprint sous la drache, pour elle aussi. lol
J’avale un TUC et lui demande de me prendre en photo (bon ok elle fait une vidéo ^^) quand je redémarre, pour immortaliser cette pluie battante. Je veux coûte que coûte avancer le plus vite possible pour rejoindre les bois au plus tôt et ne plus être transpercé par ces litres d’eau qui s’abattent en continu sur nous.
Une montée puis ce sera la longue descente qui nous fera traverser Morbier puis rejoindre la rivière « La Bienne ». C’est lors de cette descente que je rejoins de nouveau Lionel, reparti avant moi du ravitaillement des Marais, et avec qui je vais courir plusieurs kilomètres. Plaisir de courir avec un copain =)
C’est aussi dans ces sentiers que nous nous retrouverons bloqués, au pas, derrière plusieurs coureurs. Mais surtout, derrière la protection civile qui transporte une blessée sur une civière. Ca aussi, ça refroidit 🙁
Rien d’étonnant à ce qu’il y ait eu plus de blessés qu’à l’accoutumée, vu la technicité des chemins détrempés…
Après Morbier, nous rejoignons cette fois les concurrents du 42km. Beaucoup de monde. Et forcément, nous commençons par rattraper les derniers qui ne sont pas du tout à l’aise surtout dans ces descentes qui s’apparentent pour certaines à de véritables toboggans. Je les dépasse allègrement en ne manquant pas, moi aussi, de mordre la poussière (enfin la boue) à plusieurs reprises.
Je propose un bâton à mon camarade Lionel pour l’aider dans une montée, il refuse en m’avouant qu’il les a oubliés au départ de la course. C’est ballot !.. Très honnêtement, que ce soit en montée ou en descente, l’usage des bâtons se révélait déterminant ! Et d’une aide incroyable.
Je décroche Lionel un peu plus loin dans une énième montée éprouvante.

Enfin des têtes connues ; Bernard (et son inséparable cloche !), Mathias puis Christel. Toute la famille est là pour nous encourager sur le final. Il reste un gros 5-6km après un dernier point d’eau où je remettrais (pour la première fois de la journée !) de l’eau dans mon camelbak.
59ème km, c’est la bifurcation. 42 et 82 filent à droite, mais pour nous, les 62, c’est à gauche.
On zigzague sur la fin, elle est interminable.. Puis enfin au 61ème km, on retrouve la civilisation. Les Rousses ! Encore 1km dans les rues et c’est la ligne d’arrivée.
Très content d’en terminer en 9h15 (j’envisageais entre 8h et 8h30… ) dans ces conditions.
2-3 blagues plus tard échangées avec le speaker et je retrouve Vanessa en me ruant sur le ravitaillement (toujours aussi limité, dirons-nous… Comme tout au long de la course)
Le lendemain, je courrai les 15km 850+ pour accompagner Vanessa, en guise de décrassage… Ca pique =)







Un week fort en émotions, des moments de joie et de tristesse
Je ne peux que être admiratif devant ton énergie et ta motivation
Merci pour tout mon ami 😉
Bravo fiston, comme d’habitude tu as été endurant et tu as fait une belle course malgré les conditions météo exécrables. Encore toutes nos félicitations pour la course et pour le récit, toujours aussi intéressant….on y était presque !
J’en connais un qui ne partira plus jamais sans bâton… 😀
Encore bravo pour ta course admirable Stany ! Un vrai exemple pour nous, et tjrs avec le smile! Je n’oublierai pas te voir arriver aux Marais, cette image restera gravée!