Trail de Haute-Provence 2018

Froid, chaud, puis très froid, et enfin très très chaud. Voici le résumé calorifique de ma journée.

Il est 5h ce samedi 12 Mai quand je prends le départ d’une des courses du Trail de Haute-Provence, la plus longue, l’ultra de Lure. 77km et 3600m de dénivelé positif sont annoncés.

Je suis arrivé hier par le train dans une région totalement inconnue pour moi, à Aix-en-Provence, suis remonté à Manosque en voiture de loc. – une Fiat 500 rouge pétard – pour me poser dans un airbnb. Beaucoup de premières fois lors de cette course, donc. Et si je suis là aujourd’hui, c’est parce que j’ai gagné un dossard de mon choix lors d’un concours organisé sur Facebook.

Avec ma Fiat rouge, je débarque vers 4h20 à Forcalquier, lieu de départ, et d’arrivée, de la course. La nuit n’a pas été extraordinaire à Manosque, c’est la fête foraine tout le week-end, pas de bol.
Peu de temps avant le départ, je remarque que la Dacia de ma voisine de parking a encore le plafonnier allumé, et qu’elle n’est plus là. En remontant vers la ligne de départ, je la retrouve (assez facilement, nous ne sommes que 150 au départ) pour lui signaler.

Le départ est donné un peu avant 5h, la montre connectée aux satellites, la frontale allumée, le dossard accroché avec 3 épingles (bien entendu, le porte-dossard est resté dans ma valise).
Objectif de la course : aucun justement, mis à part la volonté de découvrir la région et profiter. Le profil de la course me rappelle étrangement celui de la 6000D où on monte sur une première moitié (jusqu’au km 44) et on descend le reste.

Nous errons dans les rues désertes du village pendant 2km avant de nous engouffrer dans la végétation Provençale ; la fin de nuit est encore fraîche, la rosée bien présente. Le village se situe à 500m d’altitude. Je suis au milieu du paquet de coureurs, tranquille.
Rien de notable à remarquer lors de cette première partie nocturne, mis à part le lever de soleil, dont les rayons percent difficilement à travers les nombreux nuages qui nous accompagnent depuis le matin.
Ah si ! Ce super single-track, entre les 12ème et 13ème km. Excellentissime, à tel point que j’ai voulu immortaliser ce passage en filmant.

Lieu-dit « le rocher d’ongles », ravitaillement du 14ème km. J’ai retrouvé peu de temps avant ma « voisine de parking » qui s’arrête de manière express ici alors que je prends mon temps ; je suis toujours dans l’optique d’une grande balade touristique.
Je me rue sur… de la pastèque ! Quelle délicate attention… Ca sort de l’ordinaire, et c’est très appréciable. J’échange avec les bénévoles, on rigole, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Après avoir dévalé une super pente annoncée comme « descente dangereuse » – Sur Strava, le sillon porte le nom de « descente de malade » !-, nous parvenons au village de Lardiers.
22ème km, ravitaillement, et barrière horaire fixée à 9h00. Pour moi, il n’est pas encore 8h00.
Je reconnais immédiatement Akuna Matata – Jean-Marie Gueye – dont les photos sont bien connues des kikoureurs, et plus encore.

Repartis de Lardiers, nous arrivons dans une forêt avec une montée en faux-plat in-ter-mi-na-ble, je me rends d’ailleurs compte que nous ne sommes plus seuls ici, nous retrouvons les marathoniens. Et ça monte, toujours, de manière même plus abrupte, et carrément proche de la verticalité sur la fin (!)
Le plateau est enfin rejoint, nous allons alors osciller entre 1500 et 1800m d’altitude sur une dizaine de km avant d’atteindre le point culminant de la course, le sommet de Lure, à 1825m.

La vue à 360° est époustouflante, le Ventoux, les massifs du Dévoluy et des Ecrins, le Verdon et la Sainte Victoire. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est ce qu’il nous vendent sur le site de la course, et, effectivement, c’est époustouflant !

Le sommet de Lure atteint, il y a bien longtemps déjà que je ne pense plus à la balade de santé à travers la Provence, la compétition est en moi, je ne peux pas me résoudre à me contenter de seulement profiter, c’est bien dommage d’ailleurs, mais c’est plus fort que moi. J’ai donc bien en tête le profil du parcours ; et à ce stade, je sais qu’il ne reste quasi que de la descente, je peux donc lâcher les chevaux……………….

Le froid glacial à cette altitude – j’ai les mains gelées comme en plein hiver, sans gants – contribue aussi sans doute au fait de vouloir rapidement descendre pour me réchauffer.
Ce que je fais, à tel point que je passe du rang 70 au 55 entre les 2 ravitaillements où nous sommes pointés. Je vole littéralement et ne me rends pas compte que je vais vite, beaucoup trop vite alors qu’il reste encore une vingtaine de bornes.
Le constat est rapidement établi après le ravitaillement de Pierrefeu, km53, je me suis vraiment enflammé, et la suite va être très compliquée. D’autant que maintenant, le soleil tape, il fait extrêmement chaud.

De nombreuses pistes forestières (peu réjouissantes) entrecoupées de superbes singles-tracks nous mènent au ravitaillement du km 64 de Saint-Etienne les Orgues, je m’assois, je surchauffe totalement, ce n’est plus du tout une partie de plaisir, maintenant. Je vois me doubler certains de ceux que j’avais déposés plus tôt ; terrible constat d’impuissance.

Je repars cahin-caha et je suis bien content de courir sur la route (hein, quoi, c’est moi qui pense ça ??). Oui car au moins, ça ira toujours plus vite que sur du chemin rocailleux. Mais, le trail reprend vite ses droits. J’aborde donc ces nouveaux chemins avec une envie proche du néant. Amer constat d’être là en souffrant alors que j’étais venu pour profiter au maximum.
Ma montre m’indique tout de même 70km, ce ne sont plus que 7km à parcourir. Et là, t’as le gars qui te rattrape et te dit que c’est encore jouable de passer sous les 11h, qu’il ne reste que… 9km ! Bam, un nouveau coup de massue.

Enfin, ravitaillement, je m’assois, encore. Et alors qu’il ne reste que 4km et quelques. Un zombie.

Retour dans la ville du départ, non sans être passé sur le site géologique des Mourres dont je n’ai pas pu profiter un seul instant et alors que c’était un des points d’orgue du parcours 🙁 . Vite, en finir..

11h19 après être parti, je repasse donc la même ligne, dans l’autre sens, je suis au bout du bout. Je profite de la présence des ostéos pour me relaxer un peu, et j’avale rapidement le repas offert en fin de course, ma médaille de finisher autour du cou.

Classement : 65e/150 partants (132 arrivés dans les délais. 27e/45 dans ma catégorie)

Très belle course malgré tout, quelques passages ennuyeux lors de longues traversées forestières sur de larges pistes, mais dans l’ensemble un beau parcours, très rocailleux, typique de la région. Bénévoles serviables et sympas, balisage très bon sur la première moitié, plus approximatif – par moments – ensuite. Le fait que nous ne soyons que 150 sur une si longue distance est pour moi un très bon point 🙂

3 réponses à “Trail de Haute-Provence 2018”

  1. Encore bravo pour ta performance…..dommage, comme tu dis, que tu ne peux « retenir les chevaux »….normal, tu es encore jeune et fougueux !!! Très beau récit, bien écrit, comme d’hab. Une maman fière de son fils.

  2. Que dire ? Merci pour ce récit, super encore une fois … Dommage pour le grain de folie qui a saboté le reste de ta course … Mais on ne se refait pas 😉

    Bises <3

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